Le dalaï-lama à Paris et Strasbourg pour sa première visite en France depuis cinq ans
Chef spirituel des Tibétains, le
dalaï-lama est à Paris et Strasbourg à partir de lundi, sa première
visite depuis cinq ans en France. Aucune rencontre officielle avec des
responsables gouvernementaux n'est prévue.
Enseignements, conférences, rencontres : le dalaï-lama passe la
semaine en France, d'abord à Paris de lundi à jeudi puis à Strasbourg.
Le chef spirituel des Tibétains, et au-delà des bouddhistes, prix Nobel
de la Paix, a un programme chargé malgré ses 81 ans.
Spiritualité, sciences, écologie
Cette visite en France est la première depuis une série d'enseignements qu'il avait donnés à Toulouse en 2011.
"Il
a dit qu'il s'occuperait principalement de trois choses maintenant :
promouvoir les valeurs humaines, l'harmonie entre les religions et
poursuivre le dialogue avec la science", rappelle Matthieu
Ricard, son interprète. A Paris, le dalaï lama parlera à la Maison des
avocats de l'articulation entre droit et environnement, et participera à
une rencontre sur le dialogue interreligieux, "au service du respect et
de la tolérance", au collège (catholique) des Bernardins. Il tiendra
aussi une conférence-débat sur la culture tibétaine à l'Inalco (Institut
national des langues et civilisations orientale).
Le dalaï-lama accordera en outre une "audience collective" aux
Tibétains exilés en France: 3.000 d'entre eux sont attendus, en costumes
traditionnels, au Palais des congrès.
Jeudi, il sera au Conseil de l'Europe. Avant de rencontrer le grand
public au Zénith les 17 et 18 septembre, il participera à plusieurs
tables rondes à l'Université de Strasbourg, qui rassembleront des
chercheurs de tous horizons, autour de la méditation et des
neurosciences.
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Pas de politique
Aucune rencontre n'est en revanche prévue avec des officiels français
de premier plan, alors que les éventuels contacts du dalaï lama avec
des responsables occidentaux suscitent encore les protestations des
autorités chinoises. Le programme du dignitaire tibétain, dont une
intervention à Sciences Po a été annulée, est scruté à la loupe par
Pékin.
Il rencontrera en revanche mercredi matin des parlementaires français
au Sénat, où il est invité par le groupe d'information pour le Tibet au
Sénat présidé par Michel Raison (Les Républicains).
Une vingtaine de sénateurs et plusieurs députés échangeront avec lui une demi-heure.
Les députés Noël Mamère (écologiste) et Jean-Patrick Gille (PS), qui
rencontreront à cette occasion le dalaï-lama, ont écrit au Président de
la République, au Premier ministre et au ministre des Affaires
étrangères pour les appeler à recevoir le dignitaire bouddhiste. Ils
soulignent l'importance de "construire rapidement un processus de paix
avec la Chine" et considèrent qu'une rencontre officielle serait "un
symbole politique à la hauteur des enjeux sociétaux, culturels et
environnementaux qui se jouent" au Tibet.